LE SENTIER DE LA GUERRE

Nos coeurs encrassés par la rage de nos députés, nous avons marché vers une victoire sans aucune raison.

Les chétifs, les enfants et les femmes croulaient sous nos armes, tandis que les braves du camp ennemi s’enfuyaient.

Les aquarelles de Dieu n’étaient plus qu’abstraction à nos yeux.

Dans nos poches, une rose flétrissait de jour en jour. Pour nous c’était le souvenir de la vie d’autrefois.

Comme elle était belle avant que l’on ne devienne des Soldats de plomb.


LE SPECTACLE DE LA GUERRE

A travers les ruines du village, un soldat tient un bébé. Les feux nourris crépitent autour de lui, et les éclats d’obus éclairent son visage ruiné par la rage.

Continuant d’avancer, il crie à tue-tête:

«EST-CE ÇA NOTRE ENNEMI?»


LA DERNIÈRE BALLE

Sous les derniers tintamarres des fusils de fer,

Un solda de plomb,

Fit sa dernière victime.

Ses dernières paroles de velours furent : "Liberté".

Car la balle d’acier

Du soldat de plomb,

Transperça,

Son coeur de porcelaine.


PIERRES ET MARÉES

Tu me frappes, m’écrases et m’effrites,

Jours, mois et années

Me font vieillir de plus en plus.

Ton acalmie me fait un grand besoin,

Tandis que le soleil m’assèche de tes dernières larmes,

Tu t’apaises, recules, et attends,

Le temps de la marée montante.


L’AUTOBUS

Onze heures quarante-cinq, que fait-il?

Debouts, collés les uns contre les autres,

Nous attendons.

Pareils à des brebis, nous nous lamentons.

Tous nos regards se tournent involontairement du même côté

Le chahut des voitures nous incite à maugréer de façon hilarante.

Le voilà!. D’un soupir de soulagement nous avançons tous sur le bord du trottoir.

La bousculade est de rigueur, pour pouvoir embarquer plus vite, "bande de sauvages"

Le monstre à six roues ne fait aucun arrêt,

Rempli à capacité, il file droit son chemin.

Maudit autobus!"